Les matériaux d’isolation

Quels sont les différents matériaux d’isolation ?

Aujourd’hui, le marché propose un très large choix de matériaux d’isolation. De nouveaux matériaux sont apparus ces dernières années, appelés « éco-matériaux ». Il s’agit principalement des matériaux bio-sourcés, c’est-à-dire fabriqués à partir de matières premières d’origine animale ou végétale. Mais existent aussi des isolants fabriqués à base de produits recyclés, comme la ouate de cellulose.

Tour d’horizon non exhaustif des principaux matériaux et de leurs principales caractéristiques.

Les laines minérales

Extrêmement répandues du fait de leur faible coût, elles représentent environ 98% du marché des isolants en France.

Laine de verre 

Fabriqué à partir de sable ou de verre recyclé, elle est commercialisée sous différentes formes : en rouleaux, en vrac (pour le soufflage des combles perdus par exemple), en panneau rigide ou semi-rigide, en panneaux préfabriqués (associés ou non à une plaque de plâtre),…

La laine de verre est principalement utilisée pour l’isolation des murs (par l’intérieur ou par l’extérieur) et pour l’isolation des combles et plafonds.

Parmi ces qualités, notons son faible coût, ses très bonnes performances thermiques et acoustiques, sa grande résistance au feu (elle est incombustible) et sa perméabilité à la vapeur d’eau (ce qui présente un intérêt pour les constructions anciennes dont les maçonneries doivent « respirer »).

Pour conserver ses propriétés, elle doit être bien protégée de l’humidité. La pose d’un pare-vapeur (parfois directement intégré au produit) s’avère indispensable. Sensible au tassement, qui diminue ses performances, le professionnel devra vous proposer, surtout pour un usage vertical (mur), un produit dont la densité est adaptée.

Laine de roche

Elle est fabriquée à partir de roche basaltique qui, amenée à très haute température, permet d’obtenir des fibres. Comme la laine de verre, elle est commercialisée sous diverses formes : plaques, rouleaux, vrac…

Très bon isolant thermique, bon isolant acoustique, elle peut être employée à tout endroit d’un bâtiment.

Du fait de sa densité, elle résiste bien au tassement et à la compression. Elle est peu sensible à l’humidité. 

 

Les isolants synthétiques (encore appelés mousses alvéolaires)

Tous issus de la pétrochimie, ils font partie, avec les laines minérales, des matériaux traditionnellement utilisés dans le bâtiment.

Le polyuréthane (PUR)

L’isolant le plus performant au niveau thermique. Habituellement présenté sous forme de panneaux. La technique de projection de mousse se développe progressivement en France. On l’utilise sur toutes parties du bâtiment.

Sa performance permet pour un même pouvoir isolant de poser une épaisseur moindre que pour les autres produits. Il résiste très bien au tassement d’où l’intérêt pour l’isolation des murs.

Très combustible, il dégage en cas d’incendie des gaz asphyxiants. Il doit donc en usage intérieur être protégé par un écran coupe-feu. 

Le polystyrène extrudé (XPS)

Utilisé sous forme de panneaux, iI présente l’avantage d’être étanche à l’humidité, résistant au choc et à la compression.

Ses propriétés en font un matériau privilégié pour l’isolation des toitures terrasses, l’isolation par l’extérieur et des murs enterrés.

En usage intérieur, il faut le protéger par un parement coupe-feu car il dégage des gaz dangereux (monoxyde de carbone) en cas d’incendie.

Le polystyrène expansé (PSE)

Il s’agit d’une mousse très légère composé essentiellement à 98% d’air, très bon isolant. Présenté sous forme de panneaux, il est imputrescible, se dégrade peu dans le temps et ne laisse pas pénétrer l’eau ou la vapeur. Les PSE élastifié est un bon isolant acoustique.

Comme tous les isolants synthétiques, il dégage à la combustion des gaz toxiques. En usage intérieur, il doit être protégé par un parement coupe-feu (par exemple plaque de plâtre). 

Les matériaux bio-sourcés

D’origine renouvelable, ces isolants sont fabriqués à base de fibres végétales ou animales. Ils connaissent une croissance sensible sur le marché, même s’ils restent encore très minoritaires. Souvent qualifiés d’isolants « naturels », il faut toutefois garder à l’esprit qu’ils ne sont pas dénués de produits synthétiques et chimiques : liants, ignifugeants, antifongiques… Certains des additifs utilisés posent question au niveau sanitaire. C’est actuellement le cas des sels de bore et sels d’ammonium, souvent employés dans la fabrication de la ouate de cellulose.

Laine de chanvre

L’un des matériaux bio-sourcés les plus répandus, son impact écologique est particulièrement faible car le chanvre croît rapidement, nécessite peu d’eau et de produits phyto-sanitaires. La laine de chanvre est composée de fibres de chanvre auxquelles sont ajoutées des fibres synthétiques servant de liant, et éventuellement d’autres matériaux (lin, ouate de cellulose…) permettant d’éviter le tassement, notamment pour la pose verticale. Selon les procédés de fabrication, elle peut avoir reçu des traitements améliorant sa résistance au feu ou limitant le développement de micro-organismes allergènes.

Il existe des produits sous formes de rouleaux, de panneaux ou en granulés pour l’isolation des planchers. D’où une utilisation pour l’isolation en sous-face de toiture (combles aménagés) et des murs par l’intérieur.

La laine de chanvre est un bon isolant thermique et acoustique.

Ouate de cellulose

L’un des plus anciens et des plus utilisés des matériaux bio-sourcés. La ouate est fabriquée à partir du recyclage de vieux journaux. Des traitements sous toutefois indispensable pour la rendre insensible aux nuisibles (antifongique) et au feu.

En vrac, on l’utilise soit en flocons pour l’isolation des combles perdus par soufflage, soit humidifiée pour être projetée sur des murs. Elle est également conditionnée sous forme de panneaux semi-rigide. La ouate de cellulose est principalement utilisée en isolation de combles et de murs par l’intérieur.

Bon isolant thermique, et, pour les produits de faible densité, bon isolant acoustique, elle est reconnue comme améliorant le confort d’été.

Il convient de la protéger de toute source d’humidité, qui, si elle pénètre le produit risque de provoquer le développement de moisissures. La pose d’un pare-vapeur est ainsi indispensable. Pour éviter le dégagement de poussière, elle doit être recouverte par un revêtement bien étanche.

La laine et fibres de bois

Fabriqués à partir du bois d’éclaircissage des forêts et de chutes de scierie non traitées, ces matériaux présentent un très bon bilan écologique. Certains produits reçoivent des traitements insecticides, fongicides, ou destinés à augmenter leur résistance au feu.

Elle se présente soit :

  • Sous forme de panneaux de laine de bois souple (des fibres synthétiques sont alors ajoutées aux fibres de bois). Adaptables et souples, ils s’utilisent pour l’isolation des combles ou des murs par l’intérieur,
  • Sous forme de panneaux de fibres de bois rigides : résistant à a compression, on les utilise alors au sol, ou pour une isolation par l’extérieur des murs et des toitures.

 

Bon isolant thermique, les fibres de bois présentent en outre quelques caractéristiques intéressantes : elles absorbent l’humidité et la restituent progressivement, d’où une forme de régulation de l’humidité ambiante, elles améliorent le confort d’été et présentent une grande longévité.

Matériau dense, il convient de vérifier que la structure pourra en supporter le poids.

Liège

Le liège s’avère sans contexte un isolant naturel de très bonne qualité. Présenté sous forme de panneaux de liège expansé, ou en vrac sous forme de granulats (fabriqués à partir de bouchons recyclés).

Bonne isolant thermique, réputé inaltérable, il se démarque des autres isolants d’origine végétale sur plusieurs points :

  • Le liège expansé est difficilement inflammable,
  • Il résiste aux rongeurs insectes et champignons et subit donc moins de traitement,
  • Et il résiste très bien à l’eau.

Le liège expansé est quant à lui un bon isolant phonique.

Son principal inconvénient, son prix, limite cependant le développement de ce produit sur le marché. 

Comment évaluer la performance des produits ?

En matière d’isolants, la certification ACERMI garantit que les performances annoncées par les fabricants sont bien au rendez-vous, puisqu’elles sont vérifiées par un tiers neutre et indépendant. Démarche volontaire des industriels, cette certification permet de comparer sur des bases objectives et fiables les performances thermiques des produits, et de s’assurer de l’adéquation du produit à l’emploi envisagé. Plus récents sur le marché, rares sont encore les produits bio-sourcés certifiés.

Pour connaître les produits certifiés

 

 

L’étiquette ACERMI comprend notamment deux informations clés : 

  1. La résistance thermique R mesure la performance thermique du produit. Elle varie en fonction de l'épaisseur et de la nature du matériau : plus elle est grande, plus l’isolant est performant.
  2. La résistance au feu s’évalue selon la  norme européenne Euroclasses : l’échelle varie de A1 pour les produits incombustibles à E pour ceux qui contribuent à l'embrasement généralisé.

Concernant l’aspect sanitaire, les isolants peuvent contenir des substances allergisantes, irritantes, voire toxiques.

Un étiquetage obligatoire depuis 2011 sur les isolants donne des repères sur les émissions en substances volatiles polluantes (composés organiques volatiles – COV) des produits une fois posés.

A + : peu d’émissions de polluants / C : beaucoup d’émissions

Pour les autres composants, il n’existe pas encore de base fiable permettant d’affirmer qu’un produit est ou non néfaste pour la santé. La base de données INIES donne cependant des informations sur les aspects sanitaires et environnementaux de produits d’isolation.

Pour en savoir plus

Peut-on bénéficier d’une aide financière ?

Les travaux d’isolation réalisés par des professionnels peuvent bénéficier du crédit d’impôt (sur les matériaux et la main d’œuvre) et/ou de l’éco-prêt à taux zéro.

Ils doivent alors avoir un R minimal, qui varie en fonction de la partie du logement isolé.
Les performances requises ne sont pas les mêmes pour le crédit d’impôt et l’éco-prêt à taux zéro.

Pour les connaître, consulter les solutions techniques correspondantes.

 

Contenu rédigé par le Club de l'Amélioration de l'Habitat.

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